Jeff Clark
ST. NEMELE
Qui plane au-dessus de moi,
en manteau noir, la table illuminée
comme par un clair-obscur ?
Dont la crinière miroite
comme lissée
de pommade non de poix ?
Qui n'est pas teinture de pin
mais de linceul et de kyste.
Dont les yeux sont des trous
non des paillettes dans une salle.
Nemele, j'erre alentour
enlaçant la ceinture des arbres
qui ne parlera pas,
qui se moque des atonalités.
Quand j'ai menti après midi
comme l'un des amants au bordel
tu as ouvert ta robe
et à l'intérieur
dans des alambics troubles
J'ai vu une enclume,
ensuite un
ensuite un malade
quoi ? dans une préaube malfaisante.
Le soir tu a ouvert ta robe
Nemele, tu as dû partir.
Pourquoi alors les fantômes, pourquoi alors la gaze
les nageoires vert algue, les cygnes morts ?
Pourquoi quelqu'un dans un crépuscule jaune
le flingue dégainé
à un bout du Pont-Neuf ?
Es-tu parti,
vers l'ombre, ou bien
là où la jument blanche
Celui qui plane au-dessus de moi
tourmente de multiples façons
© Jeff Clark & Sun & Moon Press
/ Poème traduit par Claire Guillot
