Immer

Lectrice. La pièce est un lit d’émeutes. Le
vent coule à contre trame. Sa position d’in-
secte : nearer, la figure indienne. Elle est
ce pli dans l’espace. Plus loin, à l’écart.
Anonyme. Elle ouvre les bras. Est le pont
de ses membres. « Ici la langue est entre les
mots. » Aiguilles, lames de nerfs en ligne
dure. Ou bien cette lectrice tombe. Elle
ploie les genoux. Dans son vol un bruit de
rivière.


Elle dit qu’elle ne voit rien. Ondes courtes.
Sa langue est un puits. Les murs se vident.
Retient un instant le souffle. A mesure
qu’elle oublie la lumière. Plus près, « j’ai
dit toujours, immer ». ou que le fond vient
sur les parois du ventre. Toute la masse de
l’air. Une deuxième chambre dans la pre-
mière chambre. Je ne dirai pas ces mots qui
viennent sur moi. Ecrit que « rien, seule-
ment quelque chose de beau ».

*

Plus proche à la fin du jour. Le jeu reprend
entre les figures. Chute à blanc. Je blanc de
nouveau les mots qui compriment. Bois de
glace. Jeux de blocs de sucre. Je blanc de
nouveau à l’angle mort. La lectrice est cette
ombre sur moi. Il y a une seconde lectrice
qui cite la première lectrice. Emission. Je
suis cette ombre à l’intérieur de moi. Je suis
de nouveau à terre. Rien, des mots de nuit,
immer, je suis, c’est ici que je marche.

Il n’y a plus de temps. La langue sèche au
soleil entre les murs. Il y a des secondes
de pluie et des secondes de silence. Anony-
me, « rien, seulement de froid ». Le noir de
fumée de gorge. Jambes tendues, le haut du
corps en équilibre vers le fond. La langue
dans les mains, entre. Un fil de plus en vei-
nes courbes. Saut. Un fil encore en lames de
nerfs. Elle écarte les doigts. « Encore, pas
encore. » Lectrice, immer, rien, seulement
quelque chose de noir.



***

 

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